Combien coûte un EHPAD ?
La facture d'un EHPAD se compose de trois tarifs distincts : l'hébergement, la dépendance et les soins. Les comprendre permet d'estimer le budget réel, de comparer les établissements et d'identifier les aides mobilisables.
Le coût moyen d'un EHPAD en France
D'après les tarifs déclarés par les établissements à la CNSA, le coût moyen d'un EHPAD s'élève à environ 3 200 € par moisen additionnant l'hébergement et le tarif dépendance GIR 3-4, avant déduction des aides. Pour l'hébergement seul, l'ordre de grandeur se situe autour de 2 300 à 2 600 € par mois. Selon le statut de l'établissement et sa localisation, la facture peut varier du simple au double.
Sur notre annuaire, les coûts mensuels affichés pour chaque établissement sont calculés à partir des tarifs journaliers déclarés à la CNSA, multipliés par 30,5 jours. Pour en savoir plus sur la collecte et la mise à jour de ces données, consultez notre méthodologie.
Les 3 composantes du tarif EHPAD
1. L'hébergement : le poste principal
Le tarif hébergement couvre l'accueil hôtelier : la chambre, la restauration, l'entretien des locaux, l'animation et les frais de fonctionnement général. Il représente l'essentiel de la facture et reste à la charge du résident (ou de sa famille), sous réserve des aides au logement et de l'aide sociale. Il est exprimé en prix par jour et peut varier selon le type de chambre (seule, double, avec terrasse…).
2. La dépendance : un tarif par GIR
Le tarif dépendance finance l'aide aux actes essentiels de la vie quotidienne (toilette, habillage, repas, déplacements). Chaque établissement fixe, avec le département, trois tarifs correspondant aux groupes iso-ressources : GIR 1-2, GIR 3-4 et GIR 5-6. Le GIR du résident est évalué à l'aide de la grille AGGIR.
Les résidents en GIR 1 à 4 peuvent bénéficier de l'APA en établissement, qui prend en charge la différence entre leur tarif dépendance et leur participation (voir notre article APA 2026 : montants par GIR).
3. Les soins : pris en charge par l'Assurance maladie
Le forfait soins couvre le personnel soignant (infirmiers, aides-soignants pour la partie soins, médecin coordonnateur) et une partie du matériel médical. Il est versé directement à l'EHPAD par l'Assurance maladie : le résident ne le voit pas sur sa facture. Selon que l'établissement a opté pour un tarif « partiel » ou « global », les consultations de médecin généraliste et certains examens sont ou non inclus ; les frais non couverts sont alors remboursés selon les règles habituelles.
Le ticket modérateur GIR 5-6 : ce que tout résident paie
Quel que soit son niveau de dépendance, chaque résident acquitte au minimum le tarif dépendance GIR 5-6, appelé ticket modérateur. En pratique, les établissements l'additionnent souvent au tarif hébergement pour afficher un « prix de journée ». Il se situe généralement entre 5 et 8 € par jour, soit environ 150 à 250 € par mois.
Un résident en GIR 5 ou 6 n'a pas droit à l'APA : il paie donc lui-même ce tarif. Pour un résident en GIR 1 à 4, l'APA couvre l'écart entre le tarif de son GIR et ce ticket modérateur, auquel peut s'ajouter une participation supplémentaire si ses revenus sont élevés.
Exemple chiffré
Prenons un EHPAD dont le tarif hébergement est de 65 €/jour et le tarif dépendance GIR 5-6 de 6,50 €/jour. Le résident est classé en GIR 2 (tarif GIR 1-2 : 24 €/jour) et ses revenus sont modestes.
| Poste | Par jour | Par mois (× 30,5) |
|---|---|---|
| Hébergement | 65,00 € | 1 982,50 € |
| Dépendance GIR 1-2 | 24,00 € | 732,00 € |
| – APA (24 € − 6,50 €) | – 17,50 € | – 533,75 € |
| Soins (Assurance maladie) | 0 € | 0 € |
| Reste à payer | 71,50 € | 2 180,75 € |
Avant les éventuelles aides au logement et la réduction d'impôt, la famille doit donc prévoir environ 2 180 € par mois. Les montants de cet exemple sont illustratifs : chaque établissement publie ses propres tarifs.
Public, associatif ou privé commercial : quelles différences ?
| Statut | Fixation du tarif hébergement | Hébergement / mois (ordre de grandeur) |
|---|---|---|
| Public (hospitalier, CCAS, territorial) | Arrêté par le département (habilitation totale) | ≈ 1 900 – 3 000 € (médiane ≈ 2 200 €, tarifs CNSA) |
| Privé associatif / non lucratif | Le plus souvent arrêté par le département | ≈ 2 300 – 2 800 € (ordre de grandeur) |
| Privé commercial | Libre à l'entrée, hausse annuelle encadrée | ≈ 2 900 – 4 500 € et plus (ordre de grandeur) |
Les écarts s'expliquent surtout par le mode de fixation des prix. Les établissements publics et la majorité des associatifs sont habilités à l'aide sociale : leur tarif hébergement est validé chaque année par le Conseil départemental. Les groupes privés commerciaux fixent librement le prix à l'entrée, souvent avec des prestations hôtelières plus étoffées, mais ne sont généralement habilités à l'aide sociale que pour quelques places, voire aucune.
De fortes disparités régionales
Le lieu d'implantation pèse fortement sur la facture, en raison du coût de l'immobilier et des salaires. L'Île-de-France (Paris et Hauts-de-Seine en tête) et la région Provence-Alpes-Côte d'Azurfigurent parmi les zones les plus chères, ainsi que certaines métropoles et zones littorales. À l'inverse, de nombreux départements rurauxdu centre et de l'ouest de la France affichent des tarifs nettement inférieurs à la moyenne nationale. Élargir sa recherche de quelques dizaines de kilomètres peut représenter plusieurs centaines d'euros d'économie par mois.
Les frais non compris dans le tarif
Un socle de prestations minimales est obligatoirement inclus dans le tarif hébergement (logement, restauration, blanchissage du linge plat, animation…). D'autres services peuvent être facturés en supplément, selon l'établissement :
- coiffeur, esthéticienne, pédicure ;
- entretien du linge personnel (pressing), marquage des vêtements ;
- protections contre l'incontinence, selon la politique de l'établissement ;
- téléphone, télévision, accès internet dans la chambre ;
- sorties et activités payantes, repas des invités ;
- dépassements d'honoraires, mutuelle et frais de santé non couverts ;
- dépôt de garantie à l'entrée (en général limité à un mois de tarif hébergement).
Ces frais peuvent ajouter 50 à 200 € par mois à la facture. Demandez-en la liste écrite.
Unité Alzheimer, hébergement temporaire et accueil de jour
Unités protégées (UVP) et Alzheimer
De nombreux EHPAD disposent d'une unité de vie protégée (UVP) ou d'une unité Alzheimer, adaptée aux personnes atteintes de troubles cognitifs. Le tarif hébergement y est souvent identique à celui du reste de l'établissement, mais il peut être légèrement plus élevé. Le GIR de ces résidents étant généralement plus lourd, la part dépendance est plus importante — et l'APA aussi.
Hébergement temporaire et accueil de jour
L'hébergement temporaire (quelques semaines, par exemple après une hospitalisation ou pour soulager un aidant) est facturé à la journée, à un tarif proche de l'hébergement permanent. L'accueil de jour, lui, coûte généralement quelques dizaines d'euros par journée, transport parfois compris. Ces deux formules peuvent être en partie financées par l'APA à domicile.
Comment les aides réduisent le reste à charge
- APA en établissement : couvre la part du tarif dépendance au-delà du ticket modérateur pour les GIR 1 à 4. Voir les montants 2026.
- ASH (aide sociale à l'hébergement): dans un établissement habilité, le département règle la part de l'hébergement que le résident ne peut pas payer, en lui laissant au minimum 10 % de ses ressources. Détails dans notre article sur les conditions de l'ASH.
- APL ou ALS: versées par la CAF (ou la MSA) selon les ressources ; l'APL concerne les établissements conventionnés, l'ALS les autres.
- Avantage fiscal: réduction d'impôt de 25 % des dépenses d'hébergement et de dépendance (après déduction des aides), retenues dans la limite de 10 000 € par an et par personne hébergée, soit 2 500 € maximum. Voir notre point sur le crédit / la réduction d'impôt.
Dans l'exemple chiffré ci-dessus, une APL de 150 € par mois et une réduction d'impôt maximale (environ 208 € par mois lissés) ramèneraient l'effort réel à environ 1 820 € par mois.
L'obligation alimentaire
Les enfants, petits-enfants (selon les départements) et gendres ou belles-filles sont tenus, en vertu du Code civil, d'aider un parent dans le besoin à proportion de leurs moyens. Lors d'une demande d'ASH, le département évalue cette contribution. Les sommes versées à ce titre sont, sous conditions, déductibles du revenu imposable des enfants.
Bien comparer les établissements
- • Demandez le contrat de séjour et la grille tarifaire complète, prestations annexes incluses.
- • Vérifiez si l'établissement est habilité à l'aide sociale, même si vous n'en avez pas besoin aujourd'hui.
- • Comparez des prix de journée équivalents (hébergement + GIR 5-6), pour le même type de chambre.
- • Renseignez-vous sur l'option tarifaire soins (partielle ou globale) et sur le mode de versement de l'APA.
- • Anticipez la durée du séjour : un écart de 300 €/mois représente plus de 10 000 € sur trois ans.
Questions fréquentes
Le prix affiché par un EHPAD comprend-il tout ?
Non. Le prix communiqué correspond en général au tarif hébergement, auquel s'ajoute le tarif dépendance GIR 5-6 (ticket modérateur). Les prestations annexes (coiffeur, pressing, téléphone, etc.) peuvent être facturées en plus : seul le contrat de séjour fait foi.
Qui paie les soins en EHPAD ?
Les soins sont financés par l'Assurance maladie via un forfait versé directement à l'établissement. Le résident ne paie pas ce forfait, mais certaines consultations de spécialistes ou médicaments peuvent rester à sa charge selon l'option tarifaire de l'EHPAD.
Que se passe-t-il si les revenus ne suffisent pas ?
Dans un EHPAD habilité à l'aide sociale, le département peut prendre en charge la différence via l'aide sociale à l'hébergement (ASH), après sollicitation éventuelle des obligés alimentaires. La demande se fait auprès du CCAS ou du Conseil départemental.
Le tarif peut-il augmenter en cours de séjour ?
Oui. Dans les EHPAD habilités à l'aide sociale, le tarif hébergement est fixé chaque année par le département. Dans les établissements privés non habilités, la hausse annuelle des contrats en cours est encadrée par un taux fixé par arrêté.
